Lésions du cartilage du genou : comprendre l’atteinte

Comprendre une atteinte silencieuse mais déterminante

Les lésions du cartilage du genou constituent une atteinte fréquente mais souvent sous-estimée de l’articulation. Longtemps silencieuses, elles peuvent pourtant avoir des conséquences importantes sur la mobilité, le confort au quotidien et l’évolution à long terme du genou. Qu’elles soient liées à un traumatisme ou à un phénomène d’usure progressive, ces lésions doivent être reconnues et prises en charge précocement afin de préserver la fonction articulaire et de limiter le risque d’arthrose.

Le cartilage articulaire : un rôle essentiel dans le fonctionnement du genou

Le cartilage articulaire est un tissu lisse, souple et résistant qui recouvre les extrémités osseuses au niveau de l’articulation. Dans le genou, il tapisse notamment le fémur, le tibia et la face postérieure de la rotule. Son rôle est fondamental : il permet un glissement fluide entre les surfaces osseuses et agit comme un amortisseur en répartissant les contraintes mécaniques.

Contrairement à d’autres tissus du corps, le cartilage est peu vascularisé et peu innervé. Cette particularité explique à la fois son faible potentiel de cicatrisation et le caractère parfois tardif des symptômes. Une lésion cartilagineuse peut ainsi évoluer pendant un certain temps avant de devenir douloureuse.

Qu’entend-on par lésion cartilagineuse ?

Les lésions cartilagineuses correspondent à une altération plus ou moins profonde du cartilage articulaire. Elles peuvent prendre différentes formes, allant d’un simple ramollissement à une perte complète du cartilage avec exposition de l’os sous-jacent.

On distingue généralement :

  • les lésions superficielles, qui touchent la couche externe du cartilage,
  • les lésions profondes, pouvant aller jusqu’à l’os,
  • les lésions localisées,
  • les atteintes diffuses, souvent associées à une usure généralisée.

Leur gravité dépend non seulement de leur profondeur, mais aussi de leur localisation et de leur étendue.

Origines des lésions du cartilage du genou

Les lésions cartilagineuses peuvent avoir des causes variées, souvent intriquées.

Les causes traumatiques

Un traumatisme direct ou indirect peut endommager le cartilage du genou. Un choc violent, une chute, une entorse ou un accident sportif peuvent provoquer une lésion aiguë, parfois associée à d’autres atteintes comme une lésion ligamentaire ou méniscale. Chez le sportif, ces lésions passent parfois inaperçues dans un premier temps, masquées par la douleur de la blessure initiale.

L’usure progressive

Avec le temps, le cartilage peut s’altérer progressivement sous l’effet de contraintes répétées. Cette usure est favorisée par :

  • l’âge,
  • le surpoids,
  • certaines anomalies de l’axe du genou,
  • des activités sollicitant excessivement l’articulation.

Ce processus dégénératif peut évoluer vers l’arthrose si aucune mesure n’est mise en place pour ralentir la dégradation.

Quels sont les symptômes des lésions cartilagineuses ?

Les symptômes varient selon la localisation et l’étendue de la lésion, mais certains signes sont particulièrement évocateurs. La douleur est souvent progressive et peut apparaître à l’effort, puis persister au repos lorsque la lésion s’aggrave. Elle est parfois décrite comme profonde ou mal localisée.

Les patients peuvent également présenter :

  • des gonflements articulaires répétés,
  • une sensation de raideur, surtout après une période d’inactivité,
  • une limitation de l’amplitude des mouvements,
  • parfois des sensations de blocage ou de craquement.

Ces manifestations traduisent une souffrance articulaire qui ne doit pas être ignorée, même si les douleurs semblent modérées au départ.

Quand consulter en cas de suspicion de lésion du cartilage ?

Une consultation est recommandée en cas de douleur persistante du genou, surtout si elle s’accompagne de gonflements répétés, d’une raideur inhabituelle ou d’une limitation des mouvements. Chez les sportifs, une gêne qui persiste malgré le repos ou qui réapparaît à la reprise de l’activité doit également conduire à consulter, afin de poser un diagnostic précoce et d’adapter la prise en charge.

Comment poser le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur un interrogatoire précis et un examen clinique orienté. Le professionnel de santé cherche à comprendre le contexte d’apparition des symptômes, leur évolution et leur impact sur les activités quotidiennes.

L’imagerie joue un rôle clé. L’IRM est l’examen de référence pour évaluer l’état du cartilage articulaire. Elle permet d’apprécier la profondeur de la lésion, sa localisation et la présence d’atteintes associées. Dans certains cas, une arthroscopie peut être proposée, à la fois comme outil diagnostique et thérapeutique.

Les principes de la prise en charge

L’objectif principal du traitement est de préserver l’articulation, de soulager les symptômes et de ralentir l’évolution vers une dégradation plus sévère du cartilage.

Le traitement conservateur

Dans de nombreux cas, une prise en charge non chirurgicale est privilégiée en première intention. Elle repose sur :

  • l’adaptation des activités physiques,
  • la prise en charge de la douleur et de l’inflammation,
  • la rééducation visant à renforcer les muscles autour du genou,
  • la correction des facteurs mécaniques défavorables.

Cette approche vise à réduire les contraintes exercées sur le cartilage lésé et à améliorer le confort fonctionnel.

Les options chirurgicales

Lorsque les symptômes persistent malgré un traitement bien conduit, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Les techniques varient en fonction du type de lésion et du profil du patient. Elles ont pour objectif de stimuler la réparation cartilagineuse ou de restaurer une surface articulaire plus fonctionnelle.

Pourquoi une prise en charge précoce est essentielle

Les lésions cartilagineuses ont un potentiel évolutif important. En l’absence de traitement adapté, elles peuvent s’aggraver progressivement et conduire à une arthrose du genou, caractérisée par une destruction diffuse du cartilage et une perte fonctionnelle plus marquée.

Une prise en charge précoce permet :

  • d’améliorer durablement la qualité de vie.
  • de limiter l’aggravation des lésions,
  • de préserver la mobilité,
  • de retarder, voire d’éviter, l’apparition de l’arthrose,
  • d’améliorer durablement la qualité de vie.

De la lésion cartilagineuse à l’arthrose du genou

Une lésion du cartilage du genou peut, avec le temps, favoriser l’apparition d’une arthrose, sans que cette évolution soit systématique. Lorsque le cartilage est altéré, sa capacité à protéger l’articulation et à absorber les contraintes diminue, ce qui augmente les frottements entre les surfaces osseuses.

En l’absence de prise en charge adaptée, cette fragilisation peut s’aggraver sous l’effet des contraintes mécaniques répétées, de l’instabilité du genou ou du surpoids. L’arthrose correspond alors à une atteinte plus diffuse et durable du cartilage, associée à une altération progressive de l’ensemble de l’articulation. Une prise en charge précoce des lésions cartilagineuses vise justement à limiter ce risque et à préserver la fonction du genou sur le long terme.

Conclusion

Les lésions du cartilage du genou correspondent à une atteinte essentielle de l’articulation, souvent discrète au début mais potentiellement lourde de conséquences. Qu’elles soient d’origine traumatique ou liées à une usure progressive, elles nécessitent une attention particulière. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée sont les clés pour préserver le genou et maintenir une fonction articulaire satisfaisante sur le long terme.

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