Douleur interne du genou : ménisque, ligament ou tendons ?
Une douleur interne du genou peut apparaître après une torsion, un choc ou une augmentation de l’activité physique. Cette zone rassemble plusieurs structures : ménisque, ligament, tendons, cartilage et os. La localisation constitue donc un indice, mais elle ne permet pas à elle seule d’établir un diagnostic.
Où se situe précisément la douleur interne du genou ?
La face interne correspond au côté du genou tourné vers l’autre jambe. Plusieurs structures anatomiques se trouvent dans cette région :
- le ménisque médial, situé à l’intérieur de l’articulation ;
- le ligament collatéral médial, qui relie le fémur au tibia ;
- les tendons de la patte d’oie ;
- le cartilage du compartiment interne ;
- l’os du fémur et du plateau tibial.
L’emplacement précis de la douleur peut aider à orienter l’examen. Une douleur située sur l’interligne articulaire peut faire penser au ménisque. Une gêne légèrement plus basse, sur la partie interne du tibia, peut correspondre à une irritation de la patte d’oie.
Une douleur qui suit le trajet du ligament après un choc sur le côté externe du genou peut évoquer une entorse du ligament collatéral médial.
Ces repères ne suffisent pas pour poser un diagnostic. Un gonflement ou une contusion peut rendre toute la région sensible. Le questionnaire d’orientation des doleurs du genou peut aider à identifier les symptômes importants, mais il ne remplace pas l’examen clinique.
Une lésion du ménisque interne après une torsion
Le ménisque médial peut être blessé lorsque le pied reste fixé au sol tandis que le corps pivote. Le patient peut ressentir une douleur interne du genou immédiate, parfois accompagnée d’un craquement.
Il est fréquent de pouvoir encore marcher juste après le traumatisme. Le genou peut ensuite devenir plus douloureux, gonfler ou perdre progressivement une partie de son amplitude.
Les symptômes qui peuvent orienter vers une lésion méniscale sont notamment :
- une douleur sur l’interligne interne ;
- un gonflement retardé ;
- une gêne lors des rotations ;
- des accrochages ;
- une sensation de blocage ;
- une difficulté à tendre complètement le genou.
Chez les personnes de plus de 40 ans, le ménisque peut également se fragiliser progressivement. Une fissure dégénérative peut devenir symptomatique après un mouvement banal, sans traumatisme spectaculaire. Elle peut aussi être associée à une arthrose débutante.
Une image de fissure à l’IRM ne signifie pas automatiquement qu’elle explique toute la douleur. L’examen clinique et le contexte restent indispensables. La page dédiée aux lésions méniscales et cartilagineuses permet d’identifier les principaux symptômes associés.
L’entorse du ligament collatéral médial
Le ligament collatéral médial, également appelé ligament latéral interne, stabilise la partie interne du genou. Il limite les mouvements excessifs qui ouvrent ce côté de l’articulation.
Il peut être blessé lors d’un choc reçu sur la face externe du genou ou pendant un changement brusque de direction. La douleur interne du genou suit alors souvent le trajet du ligament.
Selon la gravité de l’entorse, le patient peut présenter :
- une douleur localisée au toucher ;
- un gonflement sur la face interne ;
- une gêne pendant la marche ;
- une difficulté dans les changements de direction ;
- une sensation d’instabilité.
Les lésions isolées de ce ligament possèdent généralement un bon potentiel de cicatrisation. Le traitement repose souvent sur une protection temporaire, éventuellement une attelle articulée, puis une rééducation progressive.
Une entorse importante peut néanmoins être associée à une atteinte du ligament croisé antérieur ou du ménisque. Une instabilité marquée ou un gonflement rapide justifie donc un examen spécialisé.
La tendinopathie ou la bursite de la patte d’oie
La patte d’oie correspond à la zone où trois tendons s’insèrent sur la partie interne du tibia. Une petite bourse facilite leur glissement. Les contraintes répétées peuvent irriter les tendons ou cette bourse.
Dans ce cas, la douleur interne du genou se situe généralement quelques centimètres sous l’interligne articulaire. Elle peut augmenter :
- pendant la course ;
- dans les escaliers ;
- lors d’une marche prolongée ;
- après une position assise prolongée ;
- à la pression directe sur la zone.
Cette irritation peut apparaître après une augmentation rapide du kilométrage, des entraînements répétés en côte ou une modification brutale de l’activité sportive. Certaines particularités d’alignement, une raideur musculaire ou l’arthrose peuvent également favoriser les symptômes.
La douleur de la patte d’oie peut ressembler à une lésion méniscale. La localisation précise et les mouvements qui reproduisent la gêne aident à les différencier.
L’arthrose du compartiment interne
La partie interne du genou est fréquemment touchée par l’arthrose. Dans ce contexte, la douleur interne du genouapparaît souvent progressivement plutôt qu’après un accident précis.
La gêne peut être plus importante pendant la marche, dans les escaliers ou en station debout prolongée. Une raideur est parfois présente après une période d’immobilité. Les premiers pas sont difficiles, puis l’articulation semble se dérouiller.
À un stade plus avancé, la douleur peut limiter la distance de marche et perturber certaines activités quotidiennes. Une déformation progressive de l’axe de la jambe peut également apparaître.
La radiographie en charge permet d’étudier l’espace articulaire et l’alignement du membre inférieur. L’importance des signes visibles ne correspond cependant pas toujours à l’intensité des symptômes.
Le traitement peut associer :
- adaptation temporaire des activités ;
- renforcement musculaire ;
- physiothérapie ;
- prise en charge du poids lorsque cela est pertinent ;
- médicaments adaptés ;
- infiltrations dans certaines indications.
Pour mieux comprendre les différentes options disponibles, l’article de Coulin Medical consacré au choix de la meilleure infiltration du genou selon la pathologie apporte un éclairage complémentaire. Une infiltration ne doit toutefois être choisie qu’après avoir identifié l’origine de la douleur.
Une fracture ou une lésion osseuse est-elle possible ?
Après une chute, un choc ou un effort important, une douleur interne du genou peut provenir de l’os. Une fracture du plateau tibial doit être envisagée lorsque l’appui est très difficile ou que le gonflement est important.
Une fracture de fatigue peut apparaître plus progressivement, notamment après une augmentation brutale de la course ou de la marche. La douleur devient généralement plus précise et augmente à l’effort. Elle peut ensuite persister au repos.
Plusieurs éléments nécessitent une vigilance particulière :
- traumatisme violent ;
- impossibilité de faire quelques pas ;
- douleur osseuse très localisée ;
- gonflement important ;
- aggravation rapide des symptômes ;
- douleur persistante au repos.
L’absence de déformation ne permet pas d’exclure une fracture. Une radiographie, parfois complétée par un scanner ou une IRM, peut être nécessaire.
Quels symptômes nécessitent une consultation rapide ?
Une douleur interne du genou mérite une consultation rapide après un traumatisme lorsque l’appui est impossible, que le genou est très gonflé ou qu’il ne peut plus être tendu.
Les principaux signaux d’alerte sont :
- une déformation visible ;
- un gonflement apparu rapidement ;
- un blocage de l’articulation ;
- une instabilité marquée ;
- une douleur très intense ;
- une articulation rouge et chaude ;
- une fièvre associée ;
- une perte de sensibilité ou un pied froid.
Un gonflement très rapide peut traduire un saignement dans l’articulation et orienter vers une lésion importante. Un blocage peut être lié à un fragment méniscal déplacé.
En cas de symptômes inquiétants, une consultation spécialisée rapide du genou permet de déterminer les examens nécessaires et la conduite à tenir.
Quels gestes effectuer en attendant ?
Après un traumatisme récent, l’activité doit être interrompue. L’appui peut être réduit si la marche provoque une douleur importante ou une sensation de dérobement.
Il est possible de :
- appliquer du froid à travers un tissu ;
- surélever la jambe au repos ;
- utiliser une compression légère et confortable ;
- limiter temporairement les activités douloureuses ;
- employer des béquilles si l’appui est difficile.
Les massages profonds sur une zone récemment traumatisée, les étirements forcés et les tests répétés en rotation sont déconseillés. Ils ne permettent pas de confirmer le diagnostic et peuvent augmenter les symptômes.
Si la douleur interne du genou est apparue progressivement, une réduction temporaire des activités déclenchantes est généralement préférable à une immobilité prolongée. La reprise est ensuite organisée selon la cause et l’évolution.
Quelle imagerie faut-il réaliser ?
Le choix de l’imagerie dépend de la structure suspectée.
La radiographie est utile pour rechercher une fracture, observer l’arthrose et étudier l’axe du membre inférieur. Elle ne montre pas directement les ménisques et les ligaments.
L’IRM permet d’examiner :
- les ménisques ;
- les ligaments ;
- le cartilage ;
- les tendons ;
- l’os sous-chondral.
L’échographie peut étudier les tendons et la bourse de la patte d’oie. Le scanner est principalement utilisé pour analyser précisément certaines lésions osseuses.
Toutes les douleurs ne nécessitent pas immédiatement une IRM. L’examen doit répondre à une question clinique précise. La présentation des différents examens d’imagerie du genou explique le rôle de la radiographie, de l’IRM, du scanner et de l’échographie.
Le traitement dépend du diagnostic
Deux patients souffrant d’une douleur interne du genou peuvent recevoir des traitements très différents.
Une irritation tendineuse liée à une surcharge appelle généralement une adaptation de l’entraînement et un renforcement progressif. Une entorse ligamentaire peut nécessiter une protection temporaire. Une fracture impose une prise en charge spécifique.
Même en présence d’une fissure méniscale à l’IRM, une intervention n’est pas systématique. Les lésions dégénératives sont habituellement traitées en première intention de manière conservatrice. Une lésion traumatique déplacée avec blocage constitue une situation différente.
La chirurgie est discutée selon plusieurs critères :
- le type et la localisation de la lésion ;
- la stabilité du genou ;
- l’état du cartilage ;
- l’âge et le niveau d’activité ;
- le retentissement sur la vie quotidienne ;
- l’efficacité des traitements déjà entrepris.
Lorsque la lésion concerne principalement le compartiment interne et s’accompagne d’un défaut d’axe, certaines techniques peuvent viser à préserver l’articulation.
Conclusion
Une douleur interne du genou peut provenir du ménisque médial, du ligament collatéral médial, des tendons de la patte d’oie, du cartilage ou de l’os. Le mécanisme d’apparition, la localisation exacte et les symptômes associés orientent le diagnostic sans permettre de le confirmer à eux seuls.
Après une torsion ou un choc, l’impossibilité de marcher, un gonflement rapide, un blocage ou une instabilité justifient une évaluation rapide. Lorsque les symptômes apparaissent progressivement, l’examen permet notamment de distinguer une surcharge tendineuse d’une atteinte articulaire.
Le traitement doit toujours être choisi en fonction de la cause réelle. Une douleur méniscale, une entorse ligamentaire, une arthrose et une fracture ne nécessitent pas la même prise en charge. L’objectif est de soulager les symptômes tout en préservant la mobilité, la stabilité et les structures du genou.