Fractures pathologiques : définition, causes, symptômes et quand consulter

Qu’est-ce qu’une fracture pathologique ?

Les fractures pathologiques sont des fractures osseuses particulières, car elles ne résultent pas d’un traumatisme violent, mais d’une fragilisation préalable de l’os liée à une maladie. Elles peuvent survenir à la suite d’un choc minime, voire lors d’un geste banal du quotidien. Leur survenue doit toujours conduire à une évaluation médicale approfondie, car elles révèlent souvent une pathologie sous-jacente nécessitant une prise en charge spécifique.

Elles correspondent à une rupture de l’os sur un tissu osseux anormal. Contrairement à une fracture traumatique, où un os sain cède sous l’effet d’une force importante, la fracture pathologique survient parce que l’os a perdu sa solidité.

Elle peut apparaître :

  • sans traumatisme identifiable,
  • après une chute de faible hauteur,
  • lors d’un effort habituel comme marcher, se lever ou porter un objet léger.

Les fractures pathologiques concernent principalement :

  • les personnes âgées,
  • les patients atteints de maladies osseuses,
  • les personnes souffrant de cancers avec atteinte osseuse.

Quelles sont les principales causes des fractures pathologiques ?

Les fractures pathologiques sont toujours liées à une atteinte structurelle de l’os. Les causes les plus fréquentes sont les suivantes.

L’ostéoporose

L’ostéoporose est la cause la plus fréquente de fracture pathologique. Elle se caractérise par une diminution de la densité et de la qualité osseuse, rendant l’os plus fragile. Les fractures ostéoporotiques touchent principalement :

  • les vertèbres (fractures par tassement),
  • le col du fémur,
  • le poignet.

Les cancers et métastases osseuses

De nombreux cancers peuvent fragiliser l’os :

  • cancers primitifs de l’os,
  • métastases osseuses issues de cancers du sein, de la prostate, du poumon ou du rein,
  • hémopathies malignes comme le myélome multiple.

Dans ces situations, la fracture peut être le premier signe révélateur de la maladie.

Les maladies osseuses et métaboliques

Certaines pathologies chroniques altèrent la structure osseuse :

  • ostéomalacie (défaut de minéralisation),
  • maladies endocriniennes (hyperparathyroïdie),
  • infections osseuses,
  • maladies génétiques rares affectant l’os.

Localisations les plus fréquentes

Les fractures pathologiques surviennent préférentiellement au niveau :

  • des vertèbres,
  • du fémur (notamment proximal),
  • du bassin,
  • des côtes,
  • de l’humérus.

Ces localisations sont particulièrement à risque car elles supportent des contraintes mécaniques importantes.

Symptômes : comment reconnaître une fracture pathologique ?

Les symptômes peuvent être moins spectaculaires que dans une fracture traumatique, ce qui explique des retards diagnostiques.

Les signes les plus fréquents sont :

  • douleur osseuse progressive, parfois ancienne,
  • douleur apparaissant sans choc ou après un effort minime,
  • douleur persistante, même au repos ou la nuit,
  • diminution progressive de la mobilité,
  • perte de taille ou douleurs dorsales chroniques en cas de fracture vertébrale,
  • déformation ou raccourcissement d’un membre dans les formes avancées.

Chez les patients atteints de cancer ou d’ostéoporose connue, toute douleur osseuse inhabituelle doit être considérée comme un signal d’alerte.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Une consultation médicale rapide est indispensable dans les situations suivantes :

  • douleur osseuse intense sans traumatisme évident,
  • douleur persistante malgré le repos et les antalgiques,
  • incapacité soudaine à marcher ou à utiliser un membre,
  • apparition d’une déformation ou d’un affaissement,
  • fracture survenant chez une personne atteinte de cancer,
  • aggravation rapide de douleurs osseuses connues.

Chez la personne âgée, une fracture pathologique peut passer inaperçue. Toute chute, même bénigne, associée à une douleur prolongée doit conduire à un avis médical.

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur plusieurs étapes complémentaires.

Examen clinique

Le médecin évalue :

  • la localisation et l’intensité de la douleur,
  • la mobilité,
  • l’état général du patient,
  • les antécédents médicaux (ostéoporose, cancer, traitements).

Imagerie médicale

  • Radiographie : premier examen, permettant de visualiser la fracture.
  • Scanner : utile pour analyser la structure osseuse et la stabilité.
  • IRM : essentielle pour détecter des lésions osseuses précoces ou tumorales.
  • Scintigraphie osseuse : parfois utilisée pour rechercher des atteintes multiples.

Bilan étiologique

En cas de fracture pathologique, il est indispensable de rechercher la cause :

  • bilan biologique,
  • densitométrie osseuse,
  • examens oncologiques si nécessaire.

Prise en charge et traitement

Le traitement d’une fracture pathologique repose sur une double approche : traiter la fracture et traiter la maladie sous-jacente.

Traitement de la fracture

Selon la localisation et la gravité :

  • immobilisation par attelle ou plâtre,
  • chirurgie orthopédique (clous, plaques, prothèses),
  • stabilisation préventive pour éviter une fracture complète.

Traitement de la cause

  • traitement de l’ostéoporose (calcium, vitamine D, traitements spécifiques),
  • prise en charge oncologique en cas de cancer,
  • traitement des maladies métaboliques ou infectieuses.

Rééducation

La rééducation fonctionnelle est essentielle pour :

  • restaurer la mobilité,
  • prévenir la perte d’autonomie,
  • réduire le risque de nouvelles fractures.

Conséquences fonctionnelles et suivi à long terme après une fracture pathologique

Au-delà de la fracture elle-même, une fracture pathologique peut avoir des répercussions importantes sur la qualité de vie, en particulier chez les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques. Son impact dépasse souvent l’événement aigu et nécessite un suivi médical prolongé.

Impact sur la mobilité et l’autonomie

Les fractures pathologiques touchent fréquemment des zones clés du squelette, comme le fémur ou les vertèbres. Elles peuvent entraîner :

  • une perte temporaire ou durable de la mobilité,
  • des difficultés à marcher ou à se lever,
  • une dépendance partielle ou totale pour les gestes du quotidien.

Chez les patients âgés, ces limitations fonctionnelles augmentent le risque de perte d’autonomie, de chutes répétées et d’hospitalisations prolongées.

Importance du suivi médical régulier

Après une fracture pathologique, le suivi ne se limite pas à la consolidation osseuse. Il inclut :

  • la surveillance de la maladie responsable de la fragilité osseuse,
  • l’évaluation du risque de nouvelles fractures,
  • l’adaptation des traitements au long cours,
  • le suivi de la rééducation et de la récupération fonctionnelle.

Un suivi coordonné entre médecin traitant, spécialiste et professionnels de rééducation est essentiel pour limiter les récidives.

Prévention des fractures pathologiques

La prévention repose sur :

  • le dépistage et le traitement de l’ostéoporose,
  • la surveillance des patients atteints de cancer,
  • la prévention des chutes,
  • le maintien de la force musculaire et de l’équilibre,
  • une alimentation adaptée à la santé osseuse.

Conclusion

Les fractures pathologiques sont des fractures révélatrices d’une fragilité osseuse sous-jacente. Leur survenue doit toujours conduire à une évaluation médicale complète, car elles peuvent être le premier signe d’une maladie grave. Une reconnaissance précoce des symptômes, une consultation rapide et une prise en charge adaptée sont essentielles pour limiter les complications et préserver la qualité de vie.

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